Il est de coutume que presque la totalité des anciens Chefs d’Etats africains partent vivre en France une fois leur règne terminé.
Cette vieille attitude de nos anciens dirigeants aux dessous non encore élucidés a fini par installer la psychose chez le compatriote refusant pour son Chef d’Etat le statut « d’expatrié » ou « d’assimilé ». D’où son perpétuel questionnement.
Au Sénégal le constat est le même car de Senghor à Wade (qui tergiverse encore mais qui va sûrement suivre les pas de ses prédécesseurs) en passant par Diouf, tous ont préféré, après leur règne, quitté le pays pour la métropole ! Dès lors on se demande qui fera l’exception.
A Senghor on peut au minimum octroyer une marge de tolérance car il a vaillamment prôné son africanité à travers son mouvement de la négritude créé avec Damas et Césaire, et aussi à travers ses nombreux poèmes notamment dédiés à l’Afrique en général et à la femme africaine en particulier. Par contre l’on n’oublierait jamais son choix d’une « toubab » de la métropole aux « driankés » de son Joal natal pour fonder son foyer et le fait qu’il nous soit revenu après plusieurs années resté en France en cercueil!
Mais à Diouf, cette marge de tolérance reste discutable car mis à part le fait qu’il ait épousé une « sénégalaise », il a non seulement préféré la France à son Louga natal mais il s’est en plus érigé en fervent promoteur voire « défenseur » de la langue française laissant ainsi en rade sa langue maternelle qu’il ne daigne même pas parler en public !
Il ne cesse depuis lors de plaider la cause française en nous tympanisant avec « sa » francophonie comme si il était né français ou d’origine française ! Pire encore ses rares visites au pays sont presque toutes effectuées au nom de la francophonie à telle enseigne qu’on l’aurait pris pour un hôte français !
À mon humble avis promouvoir la langue française en tant que noir témoigne de la complexité et de l’assimilation d’autant plus que c’est continuer à œuvrer pour le compte de la France sous le poids du néocolonialisme !
La France serait-elle incapable de promouvoir sa propre langue ou s’agit-il toujours pour elle d’imposer sa domination sur les africains en leur faisant travailler pour son propre compte ?
Bien que la francophonie regroupe les pays ayant le français en partage, il n’en demeure pas moins que les langues nationales de ces pays soient continuellement piétinées et totalement réduites à néant au profit du français !
On parle chez Diouf de programmes d’alphabétisation, de projets de codification et d’intégration des langues nationales dans les écoles après qu’on en a intégré quelques-unes à la Faculté des Lettres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Du moment où il s’y connait bien en promotion de langue en tant que Secrétaire Général de la Francophonie, quel acte a-t-il posé allant dans le sens d’appuyer ses programmes et projets dans son pays ?
C’est comme s’il avait modifié à sa manière le fameux discours de Wade lors de son investiture en disant il faut travailler, encore travailler, beaucoup travailler, toujours travailler, continuer à travailler pour la France !
Qui restera à nos cotés après son règne ?
Abibou Sall